Le blog de Claire

Courlis pas très cendré

22 novembre 2020

J’ai essayé de graver un motif à partir d’une photo pour voir notamment si j’arrivais à identifier les zones à laisser blanches à la linogravure, et le résultat que j’obtiendrai. Ou pas.

Courlis - Novembre 2020

J’ai donc gravé un courlis cendré, puis encré. Gouaché en réalité parce que je n’ai pas investi dans de l’encre d’imprimerie. J’ai pris ce que j’avais sous la main et qui aurait, d’après moi, une consistance proche de l’encre pour linogavure.

Pour encrer, il suffit d’avoir votre motif gravé, le papier sur lequel vous voulez graver, de l’encre, un rouleau encreur, une plaque de verre (ou plastique ou plexi) pour étaler l’encre et encrer le rouleau, et une cuillère en bois qui servira de presse (ou un baren, ou la boîte de rangement de votre kit de linogravure !).

Bon, ben, il faut le dire, ce n’est pas si simple ! 😉

Le premier encrage permet de se rendre compte de certaines erreurs de gravure et de les corriger si c’est possible et/ou souhaitable. Par exemple :

Courlis - Novembre 2020– s’apercevoir qu’on s’est trompé dans le dessin dès le départ (je voulais mon courlis tourné vers la droite !),

– s’apercevoir qu’on a oublié d’évider certaines zones (entre les pattes),

– se rendre compte que les zones blanches ne sont pas aussi précises et bien placées qu’on le croyait,

– se rendre compte qu’on n’a mis trop de gouache ou pas assez (et que l’encre « faite pour » a une raison d’être),

– comprendre qu’il est important de bien « presser » la feuille longuement et partout pour que l’encre soit bien répartie et que tout le dessin soit bien visible.

Image ci-contre : 1er encrage en bas, dernier test après quelques modifications en haut.

Si l’on veut réimprimer le motif, il suffit de ré-encrer et de recommencer le processus. Si l’on veut faire des tirages en série, il faut soit s’armer de patience, soit investir dans une vraie presse.

Et on peut aussi faire des impressions en plusieurs couleurs (ce qui serait d’ailleurs mieux dans le cas de mon courlis je pense) : on grave plusieurs plaques, qui se complèteront au moment de l’impression. Une vidéo vaut parfois mieux que de longues explications pas claires : cliquez ici !

Si la linogravure vous intéresse particulièrement, de nombreux sites internet regorgent de bon conseils et plus éclairés que ceux que je peux vous donner. Notamment le petit imprécis de linogravure « Cut or Die ! » ou les archives de « Belette print« .

La linogravure, ça marche comment ?

15 novembre 2020

Comme plusieurs d’entre vous me l’ont demandé, je vais tenter de vous expliquer comment je fais mes petits tampons.

NB : soyons clairs, je n’ai pas la prétention d’être experte en la matière, loin de là. Je découvre la technique à peu près en même temps que vous. Je vais donc vous expliquer ce que je sais à mon niveau, ce que j’ai appris en fouinant à droite à gauche sur le net, et comment je procède actuellement avec toutes les erreurs que je commets et qui ne demandent qu’à être corrigées. En gros, je vous dis comment devenir un « graveur du dimanche » !

Tout d’abord, le matériel. Il faut un dessin à reproduire + un truc sur lequel on va graver ce dessin + des outils pour graver.

Vous pouvez cliquer sur chaque photo pour l’agrandir.

Le dessin : là, c’est assez simple, on fait ce qu’on veut. Plus c’est petit et plus il y a de détails, plus ça risque d’être compliqué, mais bon, j’ai bien commencé comme ça, alors on peut !

Linogravure - Novembre 2020

Le truc sur lequel on va graver : ça peut être plein de choses mais j’ai choisi la facilité. J’ai mis de côté le bois et le métal 😉 et j’ai acheté des plaques à graver en gomme. Il en existe de différentes épaisseurs, différentes duretés, différents prix. J’en ai choisi 3 pour comparer et me faire une idée des avantages et inconvénients de chaque modèle. Certaines sont plus faciles à graver mais plus fragiles (la bleue), d’autres plus dures à graver mais plus appropriées pour réaliser des détails (la grise, qui est en fait une plaque de lino), d’autres entre les deux (la beige)… On peut aussi graver simplement dans des gommes d’écolier, ça marche aussi !

 

Les outils pour graver : des gouges, de différentes formes et différentes tailles. Pour commencer, il existe des kits composés d’un manche et de gouges interchangeables. C’est ce que j’ai. Pour débuter, ça va très bien sans se ruiner, mais je ne doute pas que si on se prend au jeu de la linogravure, on ait envie rapidement de gouges non-interchangeables, de meilleure qualité et bien plus chères. On verra quand je serai grande… :-)

Linogravure - Novembre 2020

Maintenant qu’on a tout ça, GO !

Linogravure - Novembre 20201- on reproduit son dessin sur le support à graver. Dans cet exemple, on se fiche un peu du « sens » du dessin. La plume peut très bien être vue dans n’importe quel sens. Mais pour certains dessins (je vous en reparlerai une autre fois) ou pour des mots, le sens a de l’importance : il faut bien réfléchir comment on reporte le dessin sur le support pour que ce soit dans le bon sens quand on l’imprimera sur du papier… Je vous laisse réfléchir 😉

2- on grave : l’idée, c’est que ce qu’on enlève restera de la couleur du papier à l’impression (on va dire blanc pour simplifier), ce qu’on laisse sera de la couleur de l’encre choisie (noire pour simplifier). C’est assez simple à comprendre sur cette plume, mais ce n’est pas toujours le cas selon le dessin et le résultat que l’on veut obtenir (en tout cas pour mon petit cerveau pas toujours très pragmatique).

On choisit la bonne taille de gouge en fonction de ce qu’il y a à enlever et de la patience qu’on a pour le faire. On essaie de ne pas aller trop vite non plus pour ne pas faire de ratés, parce que ce qui est enlevé l’est définitivement. On ne met surtout jamais la main qui tient le support face à la gouge, mais derrière, sinon on risque assez facilement d’aller visiter les urgences. Et on enlève tout ce qui gêne et qu’on ne veut pas, y compris autour du motif si besoin.

J’ai choisi ici, pour aller vite et pour tester, une vieille gomme d’école de derrière les fagots (merci Marie !). Mais elle était tellement derrière les fagots, et de vieux fagots, qu’elle était un peu friable, donc assez fragile. D’où le résultat pas très net. Une gomme neuve est un meilleur choix :-)

3- on encre : pour faire simple et pas trop cher, on peut utiliser un encreur du commerce, surtout quand il s’agit de tampons de petite taille, c’est bien pratique. Il en existe des tas de couleurs super belles, de quoi bien s’amuser. Il faut juste apprivoiser la quantité d’encre que l’on applique (là, je ne maîtrise pas encore…).

Et tadam… on voit tout de suite ce qui a été mal gravé !

Soit on se rend compte qu’on a enlevé ce qu’il ne fallait pas et malheureusement, ben tant pis : c’est le cas sur le haut du rachis de ma plume, tout au bout. J’aurai aimé que ce soit plus fin, mais j’ai été un peu bourrine sur la pression donnée à la gouge à cet endroit là.

Soit on a mal enlevé certaines zones, et là, pas de problème, il suffit de le faire; ou simplement de décider que ça nous plait bien comme ça et qu’on ne touche à rien.

Plume - Novembre 2020

Pour vous montrer, voici un autre exemple que j’ai fait, également sur une vieille gomme, pour mettre mon adresse au dos de mes courriers, comme expéditeur. Au premier essai d’encrage (photo de gauche), il restait un contour en bas à droite de l’enveloppe que je ne voulais pas, et un petit trait dans l’angle en bas à gauche. J’ai donc enlevé tout ça avant de retester (photo de droite). Par contre, les petits traits à l’intérieur ne me choquent pas, au contraire, ça donne « vie » à l’enveloppe, je les ai donc laissés.

Les tous premiers tampons que j’ai réalisés avaient aussi des zones mal gravées, que j’ai finalement laissées parce que ça ne me déplaisait pas. Dans le cas de la cigogne, ça donne une impression de mouvement, et pour le poisson, ça fait penser à la mer et aux vagues. Par contre, j’aurai voulu qu’ils soient tous les deux dans l’autre sens mais je n’ai pas réfléchi assez longtemps au moment où j’ai reporté mon dessin sur la plaque à graver !

On voit aussi que les zones qui demandent de la finesse ne sont pas si simples à graver quand on n’a pas l’habitude (bec de la cigogne par exemple).

Voilà pour aujourd’hui, c’est déjà bien assez non ? Je vous montrerai probablement plus tard un essai de motif plus grand et moins concluant, l’exemple type et très pédagogique de tout ce qu’il ne faut pas faire :-)

Martinets

8 novembre 2020

C’est en gravant qu’on devient graveur… très amateur 😉

J’ai encore beaucoup de progrès à faire pour graver des tampons, notamment quand il y a des détails, et sur un format mini (3 cm de diamètre en l’occurence). Mais en attendant, je m’amuse, tous mes doigts sont intacts (contre toute attente, vu ma maladresse habituelle !) et je recycle un stock de vieux bouchons comme supports. Que demander de plus pour un WE confiné ?

Quelques martinets en vol en migration vers le Sud (enfin presque : certains ont reçu un coup de gouge mal placé qui les empêche de voler correctement. Aïe).

Publications

11 octobre 2020

Deux amis, Vincent Brouallier et Patrick Balluet, m’ont récemment demandé de réaliser des illustrations pour leur publication respective.

La première « commande » est une illustration pour la couverture d’un premier roman. Vincent m’a demandé « une silhouette de femme, qui marche, avec un élément rouge« . Voilà, voilà…

Sans avoir lu le livre avant, je me suis lancée un peu au pif, et j’ai proposé plusieurs versions sur papier. Ca a l’air simple comme ça, mais pour moi, ça ne l’a pas été du tout ! Trouver et placer correctement les bons traits et les bons « vides », pour qu’on comprenne d’une part que c’est une femme, d’autre part qu’elle marche, ça a été un vrai exercice… Après quelques ajustements, celle qui a été choisie a été simplement retouchée sur ordinateur au moment de la mise en page.

Pour la deuxième commande, un livret d’histoires naturalistes sur le Grand-duc d’Europe, la demande était tout aussi « vague » : « Est-ce que tu peux me faire des dessins de Grand-duc ? Ce que tu veux et le nombre que tu veux« . Re-voilà, voilà…

Etant plus à l’aise sur le sujet, j’ai donc rapidement fait 2 petites aquarelles, complétées d’un plus gros travail aux crayons de couleurs. Vous avez déjà vu ces 3 dessins il y a quelques semaines (ici et ). Dans le livret, ils se trouvent aux côtés de dessins de Vincent Brouallier (tiens, tiens…), mais aussi de Robert Hainard et d’Alexis Nouailhat !

Deux nouveaux défis me concernant, intéressants et flatteurs. Merci à eux deux de m’avoir sollicité !

Si vous êtes intéressé pour acheter l’un ou l’autre de ces ouvrages (ou même les 2 !), contactez-moi directement par mail, je ferai suivre vos demandes aux auteurs.

Combien de temps ?

13 septembre 2020

Vous me demandez souvent combien de temps je mets pour peindre une aquarelle botanique. J’ai toujours beaucoup de mal à donner une réponse juste, d’une part parce que je ne regarde pas spécialement l’heure quand je peins, d’autre part parce que ça dépend beaucoup du sujet et de sa difficulté.

Pour vous donner quand-même une petite idée, voici ce que j’ai fais hier chez Vincent Jeannerot en 5h30, sur un papier de format 31 x 41 cm : à peu près 2h pour le dessin, et le reste pour la couleur (recherche et peinture). 5h30, à quelque chose près, parce que je fais des pauses régulières pour « prendre du recul » et me reposer les yeux et la main !

La qualité de l’image est très très mauvaise, mais c’est surtout pour vous rendre compte de ce que je fais en 1 petite journée. Donc en gros : un dessin précis (c’est essentiel pour la suite) et le début de la mise en couleur.

Je vous entends déjà dire « c’est tout ??!! » (si, si, vous l’avez pensé, je le sais…), mais l’aquarelle botanique, ça demande du temps et de la précision, si on veut un résultat satisfaisant ! Ca demande également beaucoup de concentration, d’où la nécessité de pauses régulières. Je ne pense pas être ni hyper rapide ni hyper lente, juste dans la moyenne pour quelqu’un qui fait de l’aquarelle botanique en amateur de façon irrégulière !

Gingkos

4 septembre 2020

Je continue d’apprivoiser mes nouvelles peintures « Coliro pearcolors », sur des surfaces un peu plus grandes, avec des mélanges et des superpositions.

Pas évident de rendre à l’écran l’aspect métallisé de ces peintures lorsqu’on les regarde à la lumière, mais les photos donnent malgré tout un aperçu assez juste (cliquez sur les images pour les voir en plus grand).

Pour ceux que ça intéresse, j’ai utilisé ici les couleurs : Arabic gold, Apple green, Fidji et Pink, sur un papier type aquarelle de récupération (dos d’un faire-part de naissance !). Format 13×13 cm.

Activité estivale

23 août 2020

Chaque été, je m’amuse à personnaliser mon agenda professionnel, initialement très basique, noir, sans aucune fantaisie.

Poscas, couture, collages, découpages… selon l’humeur et l’inspiration. Cette année, j’ai eu envie de tester des nouvelles peintures que je viens de m’acheter : les « encres » Coliro Pearcolors de chez Finetec.

Ce sont des pastilles fabriquées à base de gomme arabique, de pigments et de mica, qui s’utilisent un peu comme des aquarelles. Leur intérêt majeur réside dans leur aspect métallisé et irisé, et les couleurs proposées qui sont assez incroyables à la lumière et sur papier foncé (aspect très difficile à rendre en photo et par écran interposé par contre…). On peut les utiliser notamment pour la calligraphie et les arts décoratifs. Le plus dur a été de choisir les couleurs pour composer ma boîte, parmi les plus de 40 teintes existantes !

 

Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand.

Une fois n’est pas coutume

14 juillet 2020

Pas de dessin (quoi que…), pas de peinture (quoi que bis…), pas d’art postal (quoi que ter…) pour cette fois, mais du lettering (ou lettrage en français). Quesako ??

Le lettering, c’est l’art de dessiner des lettres (et donc du texte), de façon créative, à l’aide d’outils très variés (plume, pinceau, feutre, posca…). Pour créer une composition en lettering, on joue avec les lettres, leur épaisseur, leurs empatements, leur couleur, leur taille, mais on fait aussi intervenir du relief et de la perspective, des éléments décoratifs, etc. Finalement, ça se rapproche du dessin et de la peinture ! CQFD.

NB : c’est différent de la calligraphie. Celle-ci est, en très simplifié, l’art de bien écrire en reproduisant fidèlement les lettres dans un style défini, généralement à la plume et à l’encre. Ca se rapproche plus de l’écriture que du dessin.

Bref, tout ça pour dire que j’ai suivi une « cure de lettering » de 4 jours chez Marine PSM, dans son atelier en Savoie, pour apprendre les bases de cette technique. Parce que j’avais envie, et parce que ça peut être sympa à utiliser en art postal par exemple, mais pas que.

Je vous épargne mes essais, exercices, lignes d’écritures et vous montre directement les compositions que j’ai réalisées pendant ces 4 jours, avec les conseils avisés de Marine.

Vous pouvez normalement cliquer sur les images pour les voir en plus grand sur votre écran.

Encore un petit peu de Bubo…

21 juin 2020

Deux petites aquarelles de Grand-duc d’Europe.

Cliquez sur les images pour normalement les voir en plus grand sur votre écran.

Grand-duc d’Europe (Bubo bubo)

24 mai 2020

Merci à tous d’avoir participé, et bravo à ceux qui ont trouvé (ou qui étaient sur une très bonne piste).

Il s’agit donc d’un (petit bout du) Grand-duc d’Europe, le plus grand hibou d’Europe, et que l’on a la chance de pouvoir observer dans une bonne partie des départements français métropolitains (et moi d’entendre dans mon jardin chaque hiver… :-)  ).

Comme il y a beaucoup de choses passionnantes à découvrir sur ce rapace et que ce serait frustrant de ne pas pouvoir toutes vous les dire, je vous laisse piocher les informations qui vous intéressent directement ici : http://rapaces.lpo.fr/grand-duc/grand-duc-deurope#idancre1

Grand-duc - Crayons de couleurs - Mai 2020Et toujours pour ceux que ça intéresse, j’ai travaillé sur un format 25 cm x 25 cm, dans un carnet « Maxgoodz » (marque russe), papier aquarelle pro 300g/m², avec des crayons de couleurs Polychromos de chez Faber-Castell.