Le blog de Claire

Archive de mai 2014

Chevêche d’Athéna (Athene noctua)

jeudi 29 mai 2014

Voici une aquarelle réalisée un peu à la dernière minute pour l’exposition qui a eu lieu le mois dernier à la Gravière aux Oiseaux de Mably (42). Je n’avais pas eu le temps de la photographier pour vous la montrer avant de l’accrocher…

La chouette est réalisée à l’aquarelle (ici, les couleurs sont un peu plus saturées que l’original) et le saule est réalisé au graphite. J’aime bien le mélange des 2, ça permet de mettre en avant le sujet principal et de seulement suggérer son environnement. Toujours sur papier Arches grain satiné, format 26 x 36 cm. D’après une photo de Vincent Brouallier.

En France, on peut rencontrer 9 espèces différentes de rapaces nocturnes : 4 hiboux et 5 chouettes. La Chevêche d’Athéna (Athene noctua) ou Chouette chevêche ou encore Chouette aux yeux d’or est l’une des plus petites de nos chouettes : elle mesure environ 22 cm de long pour une envergure de 60 cm. Outre sa petite taille, elle est mieux connue que d’autres espèces car elle n’est pas exclusivement nocturne, à l’inverse  de la majorité des autres rapaces de la même famille. Il n’est pas rare de l’apercevoir sur un toit, un muret ou dans une cavité d’un arbre en fin de journée. On la trouve partout en France, dans des milieux variés mais de préférence à proximité de prairies et cultures, bocages, vergers, même dans les villages et exploitations agricoles.

Comme de nombreuses espèces, ses effectifs ont chuté pour plusieurs raisons, cumulées, justifiant un Plan National de restauration au début des années 2000 : perte d’habitat (modification des pratiques agricoles et donc diminution des arbres à cavité et des ressources alimentaires); utilisation massive des pesticides & co. (diminution des ressources alimentaires et « empoisonnement » des rapaces situés en haut de la chaîne alimentaire); collisions routières; piéges (poteaux téléphoniques creux, cheminées, abreuvoirs à bétail, etc.).

Pour aider ce petit rapace (et tous les autres…), patrimoine naturel de notre biodiversité, vous pouvez agir concrètement en conservant et en entretenant les arbres à cavités situés sur vos terrains (fruitiers, saules tétards), en posant des nichoirs spécifiques, en plantant des haies, en conservant des cavités dans les bâtiments, en maintenant des prairies naturelles et en n’utilisant pas de pesticides.

Plus d’informations sur cette espèce : Mission rapaces de la LPO

Liquidambar

dimanche 25 mai 2014

Attirée par le défi technique de ce sujet, c’est donc le fruit du liquidambar que j’avais choisi de peindre au dernier cours de Vincent Jeannerot. Les autres sujets ne m’inspiraient pas vraiment et j’étais curieuse de savoir comment j’allais bien pour voir rendre à l’aquarelle les creux et les « piques » de ce fruit assez géométrique. J’avais en plus envie de travailler sur un bloc carré de format réduit ( Arches grain satiné 300g/m², format 20×20 cm), donc le sujet était tout trouvé.

Pas si simple ce petit fruit, mais c’est ce que je voulais ! Si je prends des cours, ce n’est pas pour peindre ce que je saurais faire toute seule chez moi, mais bien pour me pousser dans mes retranchements et me lancer des défis tout en profitant de la « sécurité » de la présence d’un prof pour oser des choses qui me paraissent hors de ma portée.

L’astuce, c’est donc de « réserver » les pointes avec du drawing-gum pour pouvoir travailler le fond sans se préoccuper de ces piques, que j’ai travaillées par la suite une par une et dans le détail. Idéalement, il y aurait quelques retouches à faire (notamment dans l’intensité de la couleur du fruit du milieu), mais globalement, je suis arrivée à ce que je voulais.

Le drawing-gum est un liquide qui, en séchant, se transforme en une couche imperméable qui permet de peindre par-dessus tout en réservant des zones un peu « délicates ». Par exemple, de petits détails difficiles à garder tout au long de l’aquarelle et qu’on fait en dernier (des étamines, des poils…); ou des surfaces moins précises mais que l’on devrait contourner pour peindre le reste et qui rendraient donc l’aquarelle compliquée et pas jolie. C’est le cas ici pour les pointes du fruit : si on ne les avait pas masquées d’abord, il aurait fallu travailler le fond, marron, en contournant tous les détails de ces pointes et le résultat final n’aurait pas été homogène, on aurait vu les coups de pinceaux. Avec le drawing-gum, j’ai pu travailler toute la surface du fruit sans avoir à m’inquiéter de « déborder » sur les pointes ou sans avoir à les contourner fastidieusement. Le drawing-gum peut s’appliquer au pinceau ou à la plume et s’enlève, une fois l’aquarelle sèche, avec la pulpe des doigts ou une gomme spéciale. Un outil bien pratique mais à utiliser avec modération, quand cela se justifie vraiment.

A propos du liquidambar… Arbre rapporté d’Amérique en Europe à la fin XVIIème, il doit son nom à l’ambre liquide qu’il produit (d’où son nom, du latin liquidus et de l’arabe ambar). Cette résine à l’odeur de cannelle, appelée Styrax ou Baume blanc du Pérou, déjà utilisée par les Egyptiens, l’est encore aujourd’hui en parfumerie. Au XIXème siècle, des chimistes français parviennent à isoler de ce styrax une molécule appelée styrène, et c’est en 1925 qu’un chimiste allemand invente le polystyrène !

Source principale et pour en savoir plus, c’est ici.

Croquis sur le vif

dimanche 18 mai 2014

Il y a quelques temps, un ami m’a offert un carnet de croquis « fait-maison » avec la consigne de ne l’utiliser que sur le terrain (format A5 à spirales). Très bonne idée puisque du coup, je n’ai pas le choix si je veux m’en servir, je suis obligée de me lancer dans l’observation et le dessin sur le vif. Pas si facile de se lancer, toute seule, sans trop savoir comment s’y prendre !
Un Milan noir a gentiment accepté de prendre la pose au fond de mon jardin, me donnant l’occasion de sortir la longue-vue pour essayer de le dessiner. En fait, on s’aperçoit assez vite qu’il faut essayer et ne pas avoir peur de dessiner des traits qui ne sont pas justes. On reprend après, on se fait la main, on teste. Evidemment, le résultat n’est pas toujours celui escompté, mais c’est assez gratifiant quand-même.
Bien sûr, c’est plus facile avec un oiseau posé qu’avec un oiseau en vol ou qui ne tient pas en place. Mais il faut bien commencer par quelque chose de facile !
Une journée en Camargue m’a refait sortir mon carnet, sur des poses de quelques minutes cette fois-ci puisque je n’étais pas seule, mais toujours avec des oiseaux très conciliants. Pas évident mais très formateur de ne pas avoir trop de temps devant soi (un peu comme pour le modèle vivant finalement). Ca oblige à observer l’essentiel pour ensuite le retranscrire sur le papier même si l’oiseau a bougé.
J’ai pu aussi me rendre compte très vite que le matériel est important pour le croquis de terrain, notamment le crayon. Pour le milan, j’avais du prendre un crayon HB donc « classique », alors que pour les autres croquis, j’avais bêtement choisi un 2H (c’est à dire plus sec et pas gras du tout). Et je vous le dis : le 2H n’est absolument pas conseillé pour du croquis sur le vif ! Trop sec, on ne peut pas revenir sur ses traits de départ, on ne peut pas en appuyer un plus qu’un autre pour le faire ressortir. Et c’est aussi pour ça que vous voyez moins bien ces dessins sur l’écran.
Pour ceux qui auraient envie de se lancer dans le dessin animalier sur le vif, n’hésitez pas à acheter le livre de Jean Chevallier, qui est sorti récemment (Petites leçons de dessin animalier : une approche du terrain). Il est super bien fait, très agréable à lire, donne des conseils vraiment utiles et concrets et permet aussi de se rendre compte qu’il est « normal » de travailler de mémoire, éventuellement de tricher un peu avec la réalité, notamment lorsque l’observation a été furtive ou peu confortable. Quelquepart, c’est rassurant et motivant…

Pivoine

jeudi 1 mai 2014

Mon travail du cours du mois de mars chez Vincent Jeannerot. He oui, ça fait un moment… mais celui-là, j’ai mis du temps à le finir. Un bouton de pivoine, ce n’est déjà pas évident au départ pour moi, mais en plus, il ne reste pas bouton bien longtemps ! Je n’ai donc eu le modèle que le temps du cours, pendant lequel j’ai avancé un maximum sur la fleur mais pas suffisamment pour avoir peint les détails qui font toute la différence. J’avais bien des photos, mais on ne voit pas aussi bien, ce n’est pas la même lumière donc pas les mêmes détails ombrés, on ne peut pas tourner la fleur dans tous les sens pour mieux comprendre comment ça fonctionne… bref, j’ai galéré. Le rendu final ne me satisfait pas vraiment, notamment au-niveau du « cœur » du bouton. Il est à retravailler, notamment pour accentuer les volumes et enlever certaines lumières qui n’ont pas lieu d’être.

Ce qui est difficile dans les pivoines (comme dans les roses d’ailleurs), c’est qu’on se perd très vite dans la superposition des pétales. Très vite, on ne sait plus où on en est, d’où l’intérêt d’un dessin précis dès le départ. Il n’est pas non plus évident de rendre le « volume » de l’ensemble (creux et reliefs) pour que l’effet « boule » de la fleur apparaisse.

J’ai fait les feuilles chez moi, mais là aussi, je n’étais pas très motivée. Je ne sais pas si vous avez déjà regardé de près des feuilles de pivoine, mais le réseau de nervures, notamment les nervures secondaires, est particulièrement torturé et irrégulier. J’ai commencé par les feuilles de droite (sur votre écran). C’était mal parti, je me suis acharnée et c’est finalement peut-être celles qui sont les mieux réussies. Celle de gauche (en bas) mériteraient d’être retravaillées. Et celles du haut, ben, j’en avais tellement marre (et je voulais arriver au cours du mois d’avril avec quelque chose de présentable), je les ai justes suggérées. Mais si j’ai le courage de m’y remettre, je pense que je les finirai « proprement » un de ces jours.

Si vous voulez voir de belles pivoines, c’est sur le site de Vincent, c’est lui le « chef des pivoines » ! :-)